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Intrapreneuriat : l'entrepreneuriat dans l'entreprise


Bien que prenant peu à peu de l'ampleur dans l'Hexagone, le sujet que nous abordons aujourd'hui reste relativement méconnu du grand public. Toutefois, c'est depuis les années 70 que le concept existe. En quelques points clés, nous allons donc aborder le sujet de l'intrapreneuriat, sa définition, les avantages, mais aussi les difficultés liées à ce concept un peu particulier. Bonne lecture !


Définition

Croyez-le ou non, mais l'intrapreneuriat existe depuis plusieurs décennies maintenant. Comme souvent, cette idée entrepreneuriale novatrice trouve ses racines en Amérique, et plus spécifiquement en 1978 avec la publication par Gifford Pinchot et sa femme d'un livre blanc intitulé Intra-corporate Entrepreneurship. Ces quelques pages présentent les fondamentaux de l'intrapreneuriat qui, dans les décennies à venir, grandirait progressivement outre-Atlantique avant d'atteindre petit à petit la France vers la fin des années 1990 et les débuts des années 2000. Toutefois, la crise économique de 2008 a freiné les investissements par de nombreux groupes dans les programmes d'intrapreneuriat, et l'idée a perdu beaucoup de traction. Toutefois, ces dernières années ont vu un renouveau du concept, principalement dû aux évolutions liées au monde du travail et les nouvelles méthodes de management qui se focalisent sur l'humain.

Aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises franchissent le cap et établissent des programmes d'intrapreneuriat avec plus ou moins de succès. Pourquoi ? Comment ? Des questions auxquelles nous répondrons après avoir défini ce qu'est l'intrapreneuriat en lui-même...

 

L'INTRAPRENEURIAT EN QUELQUES MOTS

Après son livre blanc de 1978, Gifford Pinchot a édité un premier livre commercialisé en 1985, Intrapreneuring: Why You Don't Have to Leave the Corporation to Become an Entrepreneur. Dans ce livre, il définit un intrapreneur de la manière suivante : "le rêveur qui franchit le cap du rêve. Celui qui, de son propre chef, devient responsable de la création d'innovation, quelqu'elle soit, au sein d'une l'entreprise."

En résumé, un intrapreneur est un collaborateur d'entreprise qui devient entrepreneur d'un projet indépendant tout en restant collaborateur au sein de cette même entreprise. Il faut noter que l'intrapreneuriat s'applique plus souvent aux grandes entreprises, et non aux TPE, PME et aux start-ups (même si la pratique n'est pas complètement étrangère à ces structures), pour la simple et bonne raison que l'intrapreneuriat s'établit souvent en collaboration avec un nombre plus ou moins important de personnes issues de la structure. Le projet d'intrapreneuriat peut en théorie concerner n'importe quel secteur, quelle que soit l'industrie dont est issu le collaborateur qui l'entreprend. Plus important encore, le projet d'intrapreneuriat est un projet à l'initiative du collaborateur, non-commandité par sa hiérarchie.

 

LES AVANTAGES DE L'INTRAPRENEURIAT

Pour comprendre les avantages de l'intrapreneuriat, il faut se pencher quelques instants sur les raisons de sa conception il y a cinq décennies de ça. Pour ce faire nous reprendrons les mots de Gifford Pinchot une fois encore, cette fois-ci de son livre blanc de 1978, pour vous donner le contexte historique :

"Les grandes entreprises d'aujourd'hui souffrent de leur taille. Elles sont si vastes que les managers qui prennent les décisions sont souvent isolés de la connaissance personnelle des problèmes à résoudre. La réponse traditionnelle à cette situation est la décentralisation. Malheureusement, la décentralisation ne suffit pas. Dans une organisation hiérarchisée, les promotions peuvent être obtenues avec des grâces sociales, la loyauté envers son patron et, en général, des copinages. Le courage, la pensée originale et la capacité à observer un fait évident, mais négligé ne mènent pas nécessairement au succès."

La solution, pour Pinchot, était l'intrapreneuriat, un concept qui faciliterait l'innovation au sein des grandes structures, et qui reste aujourd'hui l'un des plus gros points positifs du concept. C'est un fait établi que dans les grandes structures — c'en est presque un stéréotype de nos jours — l'innovation est parfois bridée suivant une organisation hiérarchique et des processus longuement établis et particulièrement rigides.

Avec l'intrapreneuriat, la solution proposée est de permettre au collaborateur de la structure d'exprimer son innovation et sa créativité sans nécessairement avoir les contraintes organisationnelles de l'entreprise à respecter. Il passe donc d'un statut — par exemple — de manager à celui de leader et d'entrepreneur. Tandis que le manager va avoir tendance à suivre à la lettre les règles et processus établis au sein d'une organisation, un entrepreneur va établir sa propre structure organisationnelle, quitte à prendre certains risques ou adopter une méthode différente pour le travail qui n'est pas celui de la structure initiale.

Pour le collaborateur qui initie un projet d'intrapreneuriat, c'est une occasion en or pour démontrer ses capacités de leader, de se libérer des contraintes inhérentes aux grandes structures, et de prouver sa créativité en proposant un nouveau produit ou service tout en ayant la sécurité d'un poste au sein de l'entreprise (a contrario de l'entrepreneur classique qui, en cas d'échec, n'est pas sécurisé dans son emploi). Qui plus est les projets d'intrapreneuriat se développent souvent au sein d'un même service, permettant ainsi une meilleure cohésion d'équipe et une plus forte collaboration (un bénéfice à la fois pour le collaborateur et pour l'employeur). Enfin, de manière générale le(s) collaborateur(s) se verra récompensé financièrement pour ce projet.

En parlant de l'employeur, quels avantages pour ce dernier ? Outre la meilleure cohésion d'équipe qui peut découler d'un projet d'intrapreneuriat, ce type de projet engendre également une meilleure compétitivité pour l'entreprise, car un intrapreneur va naturellement être plus engagé du fait de se sentir sécurisé et soutenu par son entreprise dans la création de son propre projet. Par conséquent, un gain de productivité de la part du collaborateur est quasi certain. C'est également un atout pour l'image que la marque véhicule, du fait d'accorder la confiance suffisante à ses collaborateurs pour que ces derniers puissent monter leurs propres projets tout en bénéficiant du soutien de l'entreprise. Enfin, l'offre de l'intrapreneuriat, tout comme la promesse d'une bonne qualité de vie au travail, est un atout important dans la guerre des talents. Le monde du business se rend de plus en plus compte que la nouvelle génération (plus spécifiquement les générations Y et Z) veut retrouver un certain sens dans son travail ; leur donner la possibilité de réaliser leur projet est une façon de pallier à cette problématique.

 

LES DIFFICULTÉS DE L'INTRAPRENEURIAT

Bien entendu, il n'y a pas que des avantages à l'intrapreneuriat. L'une des grandes problématiques liées à l'intrapreneuriat est l'entreprise en elle-même. Alors que certaines structures sont propices au développement de l'intrapreneuriat, d'autres sont tellement rigides dans leur façon de faire que mettre en place une culture d'intrapreneuriat est un défi d'envergure, voire quasiment impossible. 

Par ailleurs, les projets d'intrapreneuriat peuvent rencontrer de nombreux problèmes, et ce à plusieurs niveaux s'ils sont mal gérés : 

La stratégie — le projet externe n'est pas nécessairement en phase avec le(s) stratégie(s) de l'entreprise mère ;

Le leadership — forcément, lorsqu'un intrapreneur devient "leader" de son projet, il peut se retrouver en conflit avec les leaders de son entreprise ;

Les ressources — étant donné que l'intrapreneur utilise les ressources de l'entreprise mère, si les priorités de cette entreprise changent ou s'ils font un mauvais quarter (trimestre), les ressources dédiées à l'intrapreneur peuvent être reparties ailleurs ; 

Le recrutement — la stratégie de recrutement d'un intrapreneur va plus être en phase avec celui d'une start-up, alors les recrues d'une grande structure (qui cherchent plutôt une structure corporate) n'auront pas nécessairement les profils adaptés ;

La culture d'entreprise — le problème peut survenir tout simplement d'un conflit de culture d'entreprise ; alors qu'une grande structure aura une culture bien définie, la culture du projet d'intrapreneuriat peut être complètement à l'opposé, créant ainsi des tensions et une perte de productivité avec des collaborateurs qui transitent en permanence entre les deux cultures.

Bref, un projet d'intrapreneuriat n'est pas une solution miracle, et doit être bien implémenté dans la stratégie d'une entreprise et bien géré par la suite, sans quoi le résultat peut être un désastre à la fois pour l'entreprise mère et l'intrapreneur concernés.


Quelques chiffres

3 à 4 ans - Le temps d'investissement en moyenne nécessaire pour avoir un résultat probant sur un projet d'intrapreneuriat (source : Véronique Bouchard, auteure de Intrapreneuriat: Entreprendre dans l'entreprise)

67% - Le pourcentage de jeunes qui sont plus sensibles aux entreprises proposant une démarche d’intrapreneuriat lorsqu’ils cherchent un emploi (source : Allianz France-Ifop)


Les principaux acteurs à suivre

L'intrapreneuriat étant plus un concept, il est difficile de présenter des acteurs du sujet ; toutefois, il existe de nombreux exemples historiques de projets d'intrapreneuriat. Nous en avons fait la sélection de quelques-uns pour vous les présenter.

Skunk Works - L'un des premiers exemples avérés de ce qui deviendrait un jour l'intrapreneuriat, Skunk Works était le nom donné à un projet du groupe Lockheed Martin pendant la Deuxième Guerre mondiale. De par la nature sensible du projet (le développement d'un avion de chasse, le P-80), ce projet a été complètement internalisé (et était top secret) et s'est vu octroyer une liberté comparable à celui de l'intrapreneuriat dans son développement. Même si l'appellation s'utilise encore au sein de Lockheed Martin aujourd'hui, Skunk Works est également un terme plus global dans le monde du business qui s'applique aux projets du type intrapreneurial, mais qui sont également dissimulés pour diverses raisons.

Sony - Vous connaissez la PlayStation ? Si Sony avait continué sa stratégie "classique", la PlayStation n'aurait jamais existé. C'est grâce notamment au travail en plus d'un collaborateur qui a décidé dans son temps libre de retravailler la Nintendo de sa fille. Devant la persistance du collaborateur, un des CEO de Sony a entrevu quelque chose...

Facebook - Nous connaissons tous le bouton "Like" sur Facebook maintenant (même si ce dernier prévoit potentiellement d'arrêter de l'employer à l'heure où nous écrivons ce dossier). C'est grâce notamment aux fameux hackathons organisés par l'entreprise, une forme un peu particulière d'intrapreneuriat, que ce bouton a vu le jour.


Les livres blancs à consulter


L'intrapreneuriat passé au MyCrowd'Scope

Livre blanc de MyCrowdCompany

Comment réinventer collectivement l’entreprise de l’intérieur ?

Développer et ancrer une culture de l'intrapreneuriat

Livre blanc de Diateino

Avec ce premier livre blanc, Diateino aborde la culture de l’intrapreneuriat et plus spécifiquement les leviers à utiliser pour la favoriser et l’ancrer.

Développer et ancrer une culture de l'intrapreneuriat - 3 qualités individuelles à travailler

Livre blanc de Diateino

Alors que le premier livre blanc recensait les quatre leviers à mettre en œuvre pour favoriser et ancrer une culture de l’intrapreneuriat, celui-ci traite plus particulièrement de trois qualités individuelles.

Quand le changement vient de l'intérieur, voyage au coeur de l'intrapreneuriat

Livre blanc de Crédit Agricole & The Boson Project

Ce livre blanc se veut didactique et pragmatique, et vous explique tout ce qu'il faut à propos de l'intrapreneuriat.