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Le bonheur au travail

Pour être heureux, vivons... au bureau ? C'est la vision de SciencesPo dans ce livre blanc, publié à l'occasion de la journée internationale du bonheur.

  • EditeurSciences Po
  • Version PDF - 16 pages - 2018 - Français

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Introduction ou extrait du livre blanc

"Alors que le monde professionnel vit une révolution profonde qui passe par des changements d’outils, de rythmes et d’organisation, un concept gagne de l’ampleur, celui du bonheur au travail. Comment le définir et pourquoi le sujet résonne-t-il partout dans le monde ? Point de situation.

En philosophie, le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité. Un moment bref de joie, quand bien même serait-il intense, ne peut être considéré comme du bonheur. Le bonheur au travail peut-il être lui aussi défini par ce moment de satisfaction complet et durable ? « C’est une notion qui n’est pas scientifique et donc tout sauf précise, commente Denis Monneuse, sociologue.

Chacun peut y mettre ce qu’il veut. Pour certains, le bonheur au travail dépendra de la rémunération.

Pour d’autres, de la charge de travail. Pour d’autres encore, de la distance entre leur entreprise et la station de RER. » Alexandre Jost, fondateur du think tank La Fabrique Spinoza et initiateur de l’Université du bonheur au travail, confirme qu’il n’existe pas de définition commune à toutes les organisations : « Au sein d’une structure, c’est aux collaborateurs, à la direction et aux partenaires sociaux de la définir. »

Il en propose toutefois une approche, basée sur un document de l’OCDE : « Il y a trois facettes : le bonheur hédonique, c’est-à-dire la prépondérance d’affects positifs par rapport à des affects négatifs ; le bonheur cognitif, qui représente une satisfaction par rapport à des attentes et, enfin, le bonheur eudémonique, soit le fait que le travail donne du sens, représente quelque chose de plus grand que soi. »

  • Salariés recherchent bonheur au travail
  • Une définition du bonheur que le monde professionnel ne semble pas ou plus remplir. Selon le rapport Steelcase sur l’engagement au travail1 , 37 % des salariés dans le monde seraient en effet plus ou moins désinvestis et 11 % très malheureux.

« La demande de justice et de reconnaissance ressort beaucoup, relève Denis Monneuse tout en rappelant à nouveau que les attentes varient d’une organisation à une autre. Il ajoute qu’il faut se méfier de certaines initiatives : « Il y a une grande distinction à faire entre l’environnement de travail et le travail.

Avoir des salles de sport n’a rien à voir avec la nature du travail, le degré d’autonomie, le sentiment de reconnaissance ou d’accomplissement. Il faut jouer sur les deux tableaux [pour rendre les salariés heureux]. »

En France, où le taux de désengagement est l’un des plus forts d’Europe, 44 % des salariés estiment que le travail ne contribue aucunement à donner du sens à leur vie, selon le baromètre de La Fabrique Spinoza. La conséquence ? « Les entreprises sont contraintes de bouger pour des raisons de compétitivité ou de système à bout de souffle.

Elles sont à la recherche de nouvelles manières de travailler, qui leur permettront de faire face à la complexité croissante du monde. Aujourd’hui, il y a un tâtonnement pour voir si c’est de l’idéologie, si cela fonctionne, si c’est socialement acceptable par les managers et les actionnaires. Mais, dans ce processus de tâtonnement, les rangs des entreprises convaincues grossissent », conclut Alexandre Jost."

Le bonheur au travail