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Les programmes alimentation / activité physique en France et en Europe

Découvrez dans ce livre blanc l'inventaire des nouveaux outils de changement du comportement, les facteurs clés de succès, les synergies et les modélisations des programmes d'alimentation / activité physique en France et en Europe.

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Introduction ou extrait du livre blanc

L’analyse des processus et résultats du PNNS depuis 16 ans a conduit à appréhender les limites des stratégies de santé publique fondées exclusivement sur les déterminants individuels des comportements alimentaires en s’appuyant principalement sur la communication nutritionnelle ».

Cette phrase, issue du récent rapport du Haut Conseil de la Santé Publique « Pour une Politique nutritionnelle de santé publique en France, PNNS 2017-2021 » illustre bien la nécessité de réinventer notre modèle de prévention.

Durant plusieurs années, les programmes de prévention santé se sont fondés sur la théorie du déficit d’information du citoyen comme raison de ses comportements à risque.

Avec l’exposition de faits, de chiffres, de risques encourus et la communication sur les comportements favorables à la santé, ces programmes pensaient convaincre le citoyen de changer ses comportements.

Rares sont ceux parvenus aux objectifs fixés. « De nombreux efforts de prévention ont été engagés, mais ils sont encore insuffisants », estime Claude Jaffiol, président de l’Académie Nationale de Médecine, en distinguant la prévention ciblée de celle beaucoup plus complexe à mettre en place et qui s’adresse à l’ensemble de la population.

En matière d’alimentation et de lutte contre la sédentarité, les programmes de prévention ont utilisé les mêmes stratégies. Pourtant, la question du changement des comportements alimentaires a été explorée dès les années 1940 par de nombreuses études, notamment anglo-saxonnes.

« Leur principale leçon est que l’information du consommateur sur les risques d’une mauvaise alimentation n’a pas d’effet sur son comportement ». Autrement dit, si la connaissance est utile et nécessaire, elle ne garantit pas sa mise en pratique.

C’est pourquoi, si 75 à 85 % de la population connaît bien aujourd’hui les repères de consommation du PNNS sur les fruits et légumes, seul un quart les respectent. « Si nous n’appliquons pas les connaissances acquises, ce n’est pas une question de manque de volonté », explique Saadi Lahlou, professeur en psychologie sociale, avant d’indiquer que le comportement individuel est plus complexe qu’on ne le pense.

« De nombreux facteurs extérieurs à l’individu comme ceux encouragés par la famille, les amis ou encore les normes sociales, construisent ses comportements ».

Une expertise collective Inserm classe ces facteurs extérieurs en trois catégories : l’environnement social immédiat (familles, amis, parents), l’environnement physique proche (disponibilité et choix alimentaires sur les lieux de vie, environnement bâti, etc.) et les facteurs structuraux plus larges (normes sociales, revenus, réglementation, etc.).

Le Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé, qui réunit l’ensemble des acteurs scientifiques et économiques en un partenariat au service d’une politique de santé publique globale, a engagé depuis sa création plusieurs missions d’intérêt général comme l’expérimentation en conditions réelles sur l’étiquetage nutritionnel simplifié, le financement de projets (Ecaille, Opticourses) ou encore la réalisation d’états des lieux scientifiques (gluten, vitamine D).

Pour 2018, le Fonds a décidé de conduire une étude interventionnelle de grande ampleur sur les relations entre l’alimentation, l’activité physique et le sommeil. Un préalable indispensable à la construction de ce projet était d’identifier les facteurs de succès et les freins au changement de comportement.

L’examen des nouveaux outils de changement apportés par la psychologie sociale et le marketing social paraissait également incontournable. Le 26 octobre 2017, un colloque ainsi qu’un atelier de réflexion ont été organisés à cette intention.

Ils réunissaient des personnalités françaises et européennes ayant participé à la mise en place de programmes de prévention dans le domaine de l’alimentation et de l’activité physique. A l’issue de la journée, plusieurs éléments essentiels au succès d’une intervention ont été identifiés.

Le Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé a rédigé ce document de travail à destination de ceux qui souhaitent mettre en place des programmes ou des interventions de prévention dans le domaine de l’alimentation ou de l’activité physique.

Il reprend les éléments stratégiques associés à la réussite des démarches de prévention santé, identifiés par les experts invités au colloque, et les intègre dans un modèle plus global d’intervention utilisant une approche fondée sur la mobilisation collective."

Les programmes alimentation / activité physique en France et en Europe