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Libérer le formation : Manifeste pour une formation réellement continue et inclusive

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Introduction ou extrait du livre blanc

L’accélération de la vitesse de circulation de l’information, permise par la diffusion à grande échelle des technologies numériques, nous a fait entrer dans une « société de la connaissance » où les innovations apparaissent à une fréquence sans précédent, générant un mouvement d’« hyperdestruction créatrice ». L’avènement d’une économie fondée sur la connaissance a des implications profondes sur la société dans son ensemble.

Au niveau macroéconomique, il place le capital humain au cœur de la production de richesses ;?

Au niveau de l’entreprise, il change les rapports de production au profit d’organisations horizontales, plus à même de s’adapter à un environnement changeant ;

Au niveau de l’individu, elle annonce la fin des trajectoires professionnelles linéaires et fait del’autonomie à la fois dans et face à l’emploi la nouvelle norme.

Dans un environnement perpétuellement changeant, la formation continue devient indispensable. La nécessité d’actualiser en permanence ses savoirs, savoir-faire et savoir-être fait de la formation un instrument essentiel du maintien des compétences des individus et, partant, de leur employabilité. C’est aussi le filet de sécurité par excellence sur un marché du travail rendu plus flexible pour favoriser les mobilités et les reconversions. Plus largement, une formation continue performante est porteuse d’externalités positives pour la collectivité dans son ensemble, au-delà des seules sphères individuelle et professionnelle.

Or, le système de formation français est mal adapté pour faire face à cette vague d’« hyperdestruction créatrice ». Des progrès ont certes été réalisés depuis l’instauration d’un droit à la formation sur temps de travail. Ainsi, le nombre d’adultes ayant suivi une formation n’a jamais été aussi élevé. Mais on est encore loin d’un véritable continuum de la formation pour tous. Le système français souffre essentiellement de trois maux.

Premièrement, les adultes ne sont pas tous égaux face à la formation. Dans la configuration actuelle, ce sont les plus diplômés, les mieux insérés dans l’emploi et les salariés des grandes entreprises qui en bénéficient le plus. Cet « effet Matthieu » de la formation tient pour partie aux inefficiences de la formation initiale. En effet, les compétences clés comme la motivation, la capacité à apprendre ou la maîtrise des relations sociales s’acquièrent dès les jeunes années et conditionnent les perspectives futures des individus.

Deuxièmement, alors que l’autonomie individuelle dans et face à l’emploi s’impose comme la nouvelle norme, l’hypercomplexité administrative et un pilotage centré sur les dispositifs au détriment des bénéficiaires et de leurs réels besoins entravent l’initiative individuelle en matière de formation.

Troisièmement et enfin, lemarché de la formation est aujourd’hui préempté par des dispositifs administratifs, qui freinent l’innovation et empêchent les organismes d’adapter leur offre aux évolutions de la demande et des technologies. La libération du marché est pourtant gage de son efficacité et c’est aussi une tendance de fond dans la quasi- totalité des pays européens.

Dès lors, les trois défis de la formation continue sont aujourd’hui :

? Créer un véritable continuum de formation pour tous, qui se fonde notamment sur une formation initiale plus performante ;

Optimiser et simplifier l’architecture du système, qui doit être centré sur l’individu ;

Libérer l’offre de formation pour favoriser l’innovation dans les pratiques et une meilleure réponse aux besoins.