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Livre blanc du malaise des policiers

Ce livre blanc, issu de l'association Mobilisation des policiers en colère, fait le tour des problématiques auxquelles font face la police nationale, exposant ainsi le malaise auquel les forces de l'ordre sont exposés.

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Introduction ou extrait du livre blanc

"En 2014, convaincu que les instances syndicales présentaient un tableau noirci du « moral des troupes », le Ministère de l’Intérieur chargeait la Direction des Ressources et des Compétences de la Police Nationale d’effectuer une grande enquête auprès des policiers.

Sans appel, le résultat de cette enquête mettait en évidence, malgré un amour du métier toujours présent, un malaise au sein de la Police (94.3%) et un mauvais climat social (81.8%).

Elle mettait aussi en évidence un sentiment de relations dégradées avec la population (64%) et des conditions matérielles insatisfaisantes (72.9%). Peu ravis des possibilités d’avancement qui leur sont offertes (83.6%), les policiers (hors Corps de Conception et de Direction) y affichaient une motivation en nette baisse (68.5 % pour le Corps d’Encadrement et d’Application).

Plus encore, les policiers du Corps d’Encadrement et d’Application, qui constituent l’ossature principale de la Police Nationale, s’y déclaraient stressés, irritables et fatigués, et considéraient comme médiocre leur qualité de vie. Très révélatrice, cette étude n’a pourtant été que peu diffusée et n’a pas, faute de moyens, amené de suites concrètes.

  • Les suicides dans la Police Nationale :
  • Si les suicides sont toujours douloureusement vécus par une profession, c’est d’autant plus vrai dans la police ou dans la gendarmerie, tant la solidarité et l’esprit de corps y sont importants.

La triste actualité de ce début d’année ne nous le rappelle que trop. Avec 40 à 55 suicides par an chez les policiers, la France est tristement au troisième rang des nations occidentales.

Entre 2004 et 2015, ce ne sont pas moins de 533 policiers qui se sont ainsi donné la mort. Selon Alain HAMON, spécialiste des questions de police et de justice, cette surmortalité par suicide chez les policiers est supérieure de 25% à celle des autres strates de la population.

Déjà en 1997, un article du Monde évoquait le problème des policiers choisissant d’en finir face au harcèlement hiérarchique ou à la pression constante de leur travail.

Certes, de multiples facteurs entrent en ligne de compte dans les suicides, mais l’argument avancé pudiquement de façon systématique de « problèmes personnels » ne saurait être satisfaisant.

Même si un « plan anti-suicide » a été lancé en 2015 par le Ministère de l’Intérieur, l’absence de remise en cause des causes essentielles que sont la pression hiérarchique et l’alourdissement constante des missions le voue à une efficacité limitée.

  • La lassitude de l’état d’urgence :
  • La mise en œuvre des divers plans « Vigipirate », de l’état d’urgence, de l’opération « sentinelle », ont conduit les forces de l’ordre à assurer avec les mêmes moyens plus de missions et plus longtemps.

Sur-employés, les policiers ont accompli ces missions avec le sens du devoir qui les caractérise et la conscience qu’ils sont le dernier rempart des citoyens contre le terrorisme.

Mais quel que soit le dévouement dont on fait preuve, le stress et la fatigue finissent par prendre le dessus et c’est ainsi par exemple qu’on a vu, chose inédite, plusieurs compagnies de CRS en arrêt maladie « collectif » à titre de protestation.

Ce mouvement d’humeur, survenu parmi l’une des catégories de policiers les plus exposées, était révélateur d’un malaise général de la Police et précurseur des 9 mouvements que l’on connaît depuis octobre 2016. Il n’a pourtant pas été reconnu comme tel."

Livre blanc du malaise des policiers